On imagine parfois qu’une erreur financière doit être majeure pour avoir un réel impact. Une mauvaise décision d’investissement. Un achat impulsif coûteux. Une dette importante à rembourser.
En réalité, les finances personnelles se détériorent rarement à cause d’un seul événement. Elles s’érodent plutôt sous l’effet des petites habitudes que l’on ne remet jamais en question.
Ces gestes semblent inoffensifs et sont souvent faits de bonne foi. Mais, répétés année après année, ils peuvent freiner notre progression sans qu’on le réalise.
La bonne nouvelle? Ces erreurs sont généralement simples à corriger.
Les 5 erreurs financières à éviter
Voici cinq situations courantes qui nuisent peut-être à votre portefeuille.
1. Ne jamais vérifier son dossier de crédit
Alors que certains consultent leur cote de crédit comme d’autres suivent leur poids, beaucoup de consommateurs ne le consultent jamais. En présumant, tout simplement, que tout va bien.
Pourtant, les erreurs sont plus fréquentes qu’on le pense :
- Une carte de crédit encore active alors qu’elle est fermée.
- Un paiement mal enregistré.
- Un solde déjà remboursé qui apparaît toujours.
- Oui pire, des activités frauduleuses.
Une cote de crédit plus basse que prévu peut avoir des conséquences bien concrètes. Par exemple :
- Un taux hypothécaire plus élevé.
- Un refus de financement.
- Une prime d’assurance plus élevée.
La solution : vérifier votre dossier de crédit au moins une fois par année auprès d’Equifax et de TransUnion. C’est gratuit. De plus, si vous avez été victime d’un vol d’identité dans le passé, vous avez peut-être droit à la surveillance de crédit.
Alors, n’attendez pas avant de faire votre vérification! On préfère toujours découvrir un problème un mardi soir tranquille que la veille d’un rendez-vous avec notre prêteur.
2. Laisser trop d’argent dormir dans le compte chèque
Garder un coussin de sécurité est une excellente habitude. Mais laisser plusieurs milliers de dollars dormir en permanence dans un compte chèque qui ne rapporte rien, c’est autre chose.
On le fait souvent par prudence, par confort ou parce que c’est plus simple ainsi. Le problème, c’est que cet argent perd tranquillement de sa valeur, surtout avec un taux d’inflation à 3 %. Après quelques années, la différence peut devenir significative.
La solution : garder un coussin raisonnable, et transférer le surplus dans un CELI ou un compte à intérêt élevé.
Par exemple, laisser 5 000 $ dormir dans un compte chèque à 0 % pendant un an avec une inflation de 3 % fait perdre environ 146 $ de pouvoir d’achat. En le plaçant plutôt dans un CELI à 4,45 %, on termine l’année avec environ 5 222 $, soit un pouvoir d’achat réel légèrement supérieur.
Bien entendu, plus l’horizon de placement est long, plus l’écart se creuse.
Si vous laissez 5 000 $ dans un compte chèque à 0 % pendant 5 ans, avec une inflation de 3 %, votre « coussin » aura un pouvoir d’achat équivalant à environ 4 315 $. En plaçant plutôt ce même montant dans un CELI à 4,45 %, vous obtiendrez environ 6 220 $ après 5 ans. Vous aurez ainsi un pouvoir d’achat réel d’environ 5 370 $. Autrement dit, l’écart de pouvoir d’achat dépasse 1 000 $ simplement parce que l’argent a travaillé plutôt que de dormir dans un compte chèque.
L’argent est fidèle. Il reste là où vous le placez!
3. Ne jamais renégocier ses assurances et services
Lorsque vient le moment d’acheter une maison, on magasine longuement. On compare les taux du prêt hypothécaire et on réfléchit avant d’investir.
Mais pour les dépenses récurrentes, on signe et on oublie. On paie souvent le même fournisseur pendant des années sans jamais vérifier si l’offre est toujours compétitive.
Le problème, c’est que les tarifs évoluent. Les promotions changent. Et nos besoins également. Et quelques dizaines de dollars par mois peuvent facilement devenir plusieurs centaines de dollars par année.
La bonne nouvelle, c’est que cette erreur est facile à corriger. Un court exercice annuel de comparaison peut faire une différence significative.
Pour vous simplifier la tâche, nous avons rassemblé des comparateurs qui vous permettent de tout vérifier rapidement :
- Les meilleures assurances auto et habitation.
- Les meilleurs forfaits internet et téléphonique.
- Les meilleurs forfaits bancaires.
Quelques minutes de vérification peuvent parfois libérer une somme insoupçonnée. Et contrairement à ce que l’on pense, on n’a pas toujours besoin de changer de fournisseur. Parfois, le simple fait de magasiner permet de négocier de meilleures conditions.
4. Reporter l’investissement à « quand ça ira mieux »
Beaucoup de personnes attendent avant de commencer à investir. Elles veulent plus de stabilité, plus d’épargne ou un meilleur contexte économique.
Cette attente semble prudente. En réalité, elle peut coûter cher.
Le temps est le facteur le plus puissant en investissement. Plus on tarde à commencer, plus on réduit l’effet des intérêts composés.
Prenons un exemple simple. Investir 200 $ par mois pendant 25 ans, avec un rendement moyen de 6 %, représente environ 130 000 $. Attendre cinq ans et investir le même montant pendant 20 ans donne plutôt autour de 92 000 $. Cinq années de différence peuvent donc représenter près de 40 000 $.
On croit souvent à tort qu’il faut commencer avec une somme importante. Pourtant, la régularité compte davantage que le montant initial. Car il n’existe pas de contexte idéal. Les marchés fluctuent constamment. Commencer tôt, même imparfaitement, demeure plus avantageux que d’attendre indéfiniment.
5. Confondre rendement annoncé et rendement réel
Un placement peut afficher un rendement de 7 %, ce qui semble très intéressant à première vue. Pourtant, ce rendement n’est pas toujours celui que vous recevez réellement.
Les frais de gestion, les frais d’administration et certains frais intégrés aux produits réduisent la performance nette. Un écart de 1 % peut sembler minime sur un an, mais sur 20 ou 25 ans, la différence devient significative.
Au Québec, plusieurs épargnants détiennent encore des fonds communs de placement dont les ratios de frais de gestion dépassent 2 %. Cela ne signifie pas que ces produits sont mauvais. Mais il est essentiel de comprendre ce que l’on paie et ce que l’on gagne réellement.
Comparer les frais, poser des questions et vérifier le rendement net après frais sont des gestes simples. À long terme, ils peuvent améliorer de façon tangible la performance réelle d’un portefeuille.
Conclusion
Les erreurs financières les plus coûteuses ne sont pas spectaculaires. Elles sont répétées.
Une seule goutte d’eau ne détruit pas une maison. Mais une goutte qui s’infiltre derrière un mur, jour après jour, peut fragiliser la structure et coûter des milliers de dollars.
Les erreurs financières fonctionnent un peu de la même façon. Ce ne sont pas les grandes catastrophes qui abîment le plus souvent nos finances. Ce sont les petites négligences que l’on répète au fil des mois et des années. Tout comme la goutte d’eau, elles sont discrètes et presque invisibles. Jusqu’au jour où on réalise ce qu’elles nous ont coûté.
La bonne nouvelle? Il suffit parfois de réparer le robinet. 😉 Et corriger une seule de ces erreurs peut déjà améliorer votre situation.