Succession : comment éviter les chicanes de famille

Les conflits liés aux héritages sont plus fréquents qu’on ne le croit. Voici les principales situations pouvant mener à des chicanes de famille et les moyens concrets pour protéger vos proches.

Succession : comment éviter les chicanes de famille

Les successions ne brisent pas les familles heureuses. Elles amplifient plutôt des tensions déjà présentes ou révèlent des attentes qui n’avaient jamais été exprimées ouvertement.

Un parent croyait avoir été clair. Un enfant pensait que « tout allait être égal ». Un conjoint de fait découvre qu’il n’a aucun droit. Et soudainement, une famille qui semblait unie se retrouve déchirée autour d’un héritage.

Plusieurs de ces conflits pourraient être évités avec un minimum de planification et de communication. D’ailleurs, un sondage Ipsos pour RBC Assurances mené en 2024 révèle que 82 % des Canadiens jugent essentiel que leur famille reçoive rapidement les fonds pour payer les frais funéraires ou autres dépenses. Et pourtant, seulement 15 % ont élaboré un plan pour le transfert de leurs biens.

Et même lorsqu’une succession se déroule bien, le règlement peut prendre plusieurs mois. Dans bien des cas, les héritiers devront attendre de six à douze mois avant de recevoir leur part. Parfois, ils devront attendre davantage si des conflits éclatent.

Voici les principales situations qui peuvent compliquer une succession et les moyens de réduire les risques de chicanes de famille.

Mourir sans testament : la principale source de conflits

Au Québec, lorsqu’une personne décède sans testament, les règles de succession prévues par la loi s’appliquent automatiquement. Le problème, c’est qu’elles ne reflètent pas toujours la réalité familiale ni les volontés du défunt.

« Bruno décède sans testament en laissant sa conjointe de fait et deux enfants d’une union précédente. La maison familiale appartenait au couple. Au décès de Bruno, ses enfants héritent de sa part de la propriété et deviennent copropriétaires avec la conjointe survivante. Comme cette dernière n’a pas les moyens de racheter leur part, les tensions montent rapidement. »

Certains éléments, comme les comptes enregistrés, peuvent aussi créer de la confusion. Au Québec, les règles entourant la désignation de bénéficiaires diffèrent du reste du Canada. Une mauvaise planification peut entrainer des délais ou des conséquences inattendues.

Un testament rédigé clairement permet d’éviter plusieurs malentendus. Au Québec, le testament notarié demeure généralement la solution la plus simple et sécuritaire, puisqu’il prend effet immédiatement après le décès. À l’inverse, les autres formes de testaments doivent être vérifiées, ce qui entraine des délais et des frais supplémentaires.

Il est aussi essentiel de mettre son testament à jour après les grands événements de la vie. Entre autres, après une séparation, un remariage ou la naissance d’une enfant.

💡 À consulter
Vous vous demandez ce qu’il arrive à vos REER, CELI, ou propriétés au moment du décès? Consultez notre tableau sur l’imposition des actifs au décès. Vous comprendrez mieux les impacts fiscaux possibles selon chaque situation.

Le piège des conjoints de fait

Au Québec, les conjoints de fait ne bénéficient pas des mêmes protections que les couples mariés en matière de succession.

Même après plusieurs années de vie commune, un conjoint de fait survivant n’hérite pas si aucun testament ne le prévoit. Cette réalité surprend encore beaucoup de familles.

Depuis 2025, les nouvelles règles entourant l’union parentale offrent certaines protections supplémentaires aux couples parents non mariés. Toutefois, elles ne remplacent pas une planification successorale adéquate. Pour mieux comprendre les impacts de cette réforme, vous pouvez consulter notre article sur le régime d’union parentale.

Les familles recomposées : un terrain sensible sans planification

Les familles recomposées présentent souvent des réalités plus complexes en matière de succession.
Par exemple, laisser tous ses biens à son conjoint peut sembler naturel. Pourtant, cette décision peut avoir pour conséquences que les enfants d’une union précédente n’héritent jamais.

« Après son remariage, Daniel laisse “tout à sa conjointe”. Il croit qu’elle “fera ce qu’il faut” avec ses enfants d’une première union. À son décès, la conjointe hérite donc de tout. Quelques années plus tard, elle refait sa vie et modifie son propre testament. Les enfants de Daniel n’hériteront finalement de rien, ce qui n’était pas l’intention de départ. »

Dans ce type de situation, une planification successorale permet de mieux équilibrer les besoins du conjoint, des enfants et des autres héritiers. Des clauses particulières ou certaines stratégies juridiques peuvent aussi aider à protéger les intérêts de chacun.

Bien choisir son liquidateur

Le choix du liquidateur peut avoir un impact important sur le climat familial après un décès.

Cette personne aura la responsabilité d’administrer la succession, de communiquer avec les héritiers et de faire respecter les volontés du défunt. Lorsqu’un liquidateur est perçu comme partial ou que son rôle manque de clarté, les tensions peuvent rapidement s’installer.

Pour limiter les tensions, il est préférable de choisir un liquidateur organisé, capable de communiquer clairement avec les héritiers. Dans certaines familles recomposées, nommer deux coliquidateurs peut aussi favoriser une gestion plus transparente.

Expliquer ses choix peut éviter bien des conflits

En matière de succession, plusieurs parents souhaitent être équitables envers leurs enfants. Mais équitable ne veut pas toujours dire égal.

Un enfant a peut-être aidé un parent pendant plusieurs années. Un autre a déjà reçu un important soutien financier. Des parents veulent protéger un enfant plus vulnérable.

Le problème, c’est que ces décisions peuvent être perçues comme du favoritisme lorsqu’elles ne sont pas expliquées clairement.

Plusieurs conflits liés aux successions ne viennent pas seulement de l’argent, mais des non-dits. Un héritier croyait recevoir la maison familiale. Un autre pensait qu’un partage serait égal. Certains découvrent des décisions importantes seulement après le décès, sans jamais avoir eu l’occasion d’en discuter.

Parler de ses volontés de son vivant peut être inconfortable. Mais cette transparence permet d’éviter bien des malentendus. Sans dévoiler chaque détail, expliquer certaines décisions importantes peut aider les proches à mieux comprendre les intentions derrière le partage des biens.

Une bonne planification successorale ne repose pas uniquement sur des documents juridiques. Elle passe aussi par des conversations parfois difficiles, mais nécessaires.

Amorcer ce type de discussion n’est pas toujours simple. C’est encore plus vrai lorsque le sujet touche les émotions, l’argent ou les relations familiales. Si vous ne savez pas par où commencer, lisez notre article Comment parler d’argent avec confiance : nos meilleures stratégies! propose plusieurs pistes pour favoriser des échanges constructifs.

Les biens sentimentaux : les conflits les plus émotifs

Ce ne sont pas toujours les placements ou la maison qui divisent une famille. Très souvent, les conflits éclatent autour d’objets ayant une valeur affective : bijoux, collections, photos ou chalet familial. Même lorsqu’ils valent peu financièrement, ces biens peuvent représenter énormément sur le plan émotionnel.

« Dans une fratrie, la valeur financière de la succession est partagée sans problème. Le conflit éclate plutôt autour des bijoux de grand-maman et des albums de photos. Chacun a l’impression d’avoir un “lien spécial” avec ces objets, et personne n’a envie de céder. »

Prendre le temps d’identifier les biens importants et préciser ses intentions à l’avance peut sembler anodin. Pourtant, ce sont parfois ces petits détails qui permettent d’éviter les plus grandes blessures familiales.

En résumé

Une succession ne se résume pas à un partage de biens. Elle touche aussi les émotions, les relations familiales et les attentes parfois accumulées pendant des années.

La bonne nouvelle, c’est qu’une grande partie des conflits peut être évitée. On peut y arriver grâce à une planification claire, des documents à jour et des conversations honnêtes avec les personnes concernées.

Préparer sa succession n’est pas seulement une démarche juridique ou financière. C’est aussi une façon de protéger sa famille et de réduire les risques de chicanes de famille après son départ.

Outils et comparateurs

Meilleure carte de crédit

Meilleure carte de crédit

Trouvez la meilleure carte de crédit pour maximiser vos remises (+150 cartes disponibles)

Abonnez-vous à notre infolettre

En vous inscrivant, vous acceptez notre politique de confidentialité.

Atteignez votre autonomie financière

Commencez gratuitement pour comprendre les bases. Puis progressez vers une maîtrise complète et autonome.

Voir les options

ÉTAPE 1 → Comprendre

Formation gratuite

  • Même si vous partez de zéro
  • Identifier les premières actions concrètes
  • Apprentissage autonome à votre rythme
  • Durée : 30 minutes

ÉTAPE 2 → Structurer

Programme EN ROUTE

  • Accompagnement personnalisé
  • Planifier votre retraite avec un plan solide
  • Méthode d'investissement autonome
  • Durée : 5 semaines
Voir les options