Le régime enregistré d'épargne-études (REEE) est l'un des outils d'épargne les plus avantageux pour financer les études postsecondaires d'un enfant.
Grâce aux subventions gouvernementales et à la croissance des placements à l'abri de l'impôt, ce compte peut atteindre des montants importants après plusieurs années d'épargne.
Cependant, lorsque l'enfant commence ses études, une nouvelle question se pose : comment retirer l'argent du REEE efficacement?
Contrairement à un simple compte d'épargne, un REEE contient plusieurs types de fonds, chacun ayant des règles fiscales différentes.
Sans stratégie de décaissement REEE, certaines familles pourraient retirer l'argent de façon inefficace ou même payer plus d'impôt que nécessaire. À l'inverse, une bonne planification permet souvent d'utiliser les subventions gouvernementales, de réduire l'impôt et de maximiser l'argent disponible pour les études.
Dans cet article, vous découvrirez comment fonctionnent les retraits d'un REEE et quelles stratégies peuvent être utilisées pour optimiser le décaissement pendant les études.
📌 Pour comprendre le fonctionnement général du REEE, consultez notre guide complet sur le REEE.
Comment retirer un REEE
Avant de retirer de l'argent d'un REEE, il est essentiel de comprendre la structure du compte et les règles fiscales applicables à chaque type de fonds. Chaque retrait doit respecter des conditions pour éviter des pénalités et optimiser l’impôt.
Preuve d’inscription et conditions
Pour recevoir les paiements d’aide aux études (PAE), l’étudiant doit être inscrit à un programme postsecondaire admissible. Les établissements concernés incluent :
- Universités
- Cégeps
- Collèges
- Écoles de métiers (DEP)
Une preuve d’inscription est exigée par l’institution financière pour traiter les retraits. Sans cette preuve, l’institution peut refuser le décaissement.
📌 Source : Pour connaître les programmes admissibles au REEE, consultez le site du gouvernement du Canada.
Institutions financières
Chaque fournisseur de REEE applique ses propres règles : délais avant le premier retrait, restrictions sur certains programmes ou justificatifs requis.
Il est important de vérifier ces conditions avant d’ouvrir un REEE pour éviter des surprises lors du décaissement. Une bonne planification avec l’institution financière permet de retirer l’argent d’un REEE efficacement et de maximiser les PAE.
Types de fonds dans un REEE
Un REEE contient trois types de fonds : les cotisations, les subventions gouvernementales et les revenus de placement. Chacun a un traitement fiscal spécifique et influence le meilleur moment pour retirer l’argent du REEE.
Cotisations : non imposables
Les cotisations correspondent aux montants versés par le souscripteur, souvent les parents. Elles :
- Ne donnent pas droit à une déduction fiscale
- Peuvent être retirées pendant les études à tout moment
- Peuvent être retirées avant le début des études, mais les subventions gouvernementales liées doivent être remboursées
- Ne sont pas imposables
Ces montants appartiennent légalement au souscripteur. Les parents peuvent les récupérer, les remettre à l’étudiant pour payer ses études ou les transférer à un autre enfant. Les cotisations offrent ainsi une flexibilité précieuse pour gérer l’épargne après les études.
Paiements d’aide aux études (PAE) : imposables
Lorsque l'étudiant commence un programme admissible, une partie du REEE peut être retirée sous forme de paiements d'aide aux études (PAE).
Les PAE comprennent :
- Subventions gouvernementales (SCEE et IQEE)
- Revenus de placement générés dans le REEE
Ces montants sont imposables pour l’étudiant, mais pas pour le parent. Ils sont déclarés sur un feuillet T4A (fédéral) et un Relevé 1 (Québec).
💡 Bon à savoir : les PAE doivent financer des études admissibles. Sinon, les subventions pourraient devoir être remboursées. Planifier l’utilisation des PAE est donc essentiel pour éviter des pertes.
Fiscalité des retraits REEE
La fiscalité dépend du type de fonds retiré. Les cotisations restent non imposables. Les PAE sont imposables pour l’étudiant, mais souvent peu imposés grâce aux crédits fiscaux et à son faible revenu.
Pourquoi les PAE sont souvent peu imposés
La plupart des étudiants ont un revenu faible et bénéficient de plusieurs crédits fiscaux, notamment :
- Le montant personnel de base
- Les crédits pour frais de scolarité
💡 Exemple simplifié 1 : un étudiant sans emploi reçoit 15 000 $ en PAE. Son revenu imposable est 15 000 $. Après application des crédits fédéraux et provinciaux, impôt : 0 $.
💡 Exemple simplifié 2 : un étudiant avec un emploi d’été gagne 10 000 $ et reçoit 15 000 $ de PAE. Revenu total : 25 000 $. Impôt estimé : faible, entre 0 et 1 000 $.
🚨 Attention : ces calculs sont simplifiés. L’impôt réel dépend des crédits disponibles et des frais de scolarité.
💡 Impact fiscal pour les parents (Québec) : les PAE peuvent réduire certains crédits transférables, comme le montant pour frais de scolarité. Étaler les retraits sur plusieurs années optimise la fiscalité.
Montant personnel de base
En 2026, le montant personnel de base est de :
*Abattement pour résidents du Québec inclus.
📌 Source : consultez le tableau et les explications sur le site de Chaire en fiscalité et en finances publiques de l'Université de Sherbrooke : Crédit d'impôt personnel de base.
Ces montants permettent à de nombreux étudiants de recevoir des PAE sans payer d’impôt.
💡 Exemple : un étudiant gagnant 8 000 $ et recevant 10 000 $ de PAE aurait un revenu total de 18 000 $. Impôt: très faible grâce aux crédits.
Impact fiscal pour les parents (Québec)
Si l’étudiant retire trop de PAE en une seule année, certains crédits transférables aux parents peuvent diminuer. Planifier les retraits sur plusieurs années maximise les avantages fiscaux pour toute la famille.
Limites et règles de retrait
Les retraits de PAE sont soumis à certaines limites, particulièrement au début des études. Ces règles visent à s'assurer que les fonds sont utilisés pour des études admissibles.
Limite des 13 premières semaines
Pour les études à temps plein, le retrait maximal de PAE est de 8 000 $ pendant les 13 premières semaines. Pour les études à temps partiel, la limite est de 4 000 $.
Après 13 semaines, l’institution financière peut autoriser des montants plus élevés sur présentation de justificatifs de dépenses d’études.
📌 Source : règles de retrait d’un REEE de l'ARC.
Plafond annuel sans justificatifs
Au-delà des limites applicables au début des études, il existe une règle importante souvent méconnue concernant les PAE. L’ARC établit un seuil annuel de retraits. En 2026, ce seuil est de 29 459 $.
Concrètement, si les retraits de PAE demeurent sous ce seuil, aucune justification détaillée des dépenses n’est généralement exigée.
À l’inverse, si ce montant est dépassé, l’institution financière pourrait demander des preuves démontrant que les fonds sont utilisés pour des dépenses d’études.
🚨 Attention : même si les retraits sont inférieurs au seuil, il est recommandé de conserver vos documents en cas de vérification.
📌 Source : pour en savoir plus sur le seul annuel des PAE, consultez le Bulletin 1R3 de l’ARC.
Dépenses admissibles
Les retraits du REEE peuvent servir à payer plusieurs dépenses liées aux études. Ces dépenses peuvent inclure :
- Frais de scolarité
- Logement
- Nourriture
- Matériel scolaire
- Livres et ordinateur
📌 Source : consultez les règles officielles sur le site de l'Agence du revenu du Canada (ARC).
Stratégie optimale de retrait d'un REEE
Retirer l'argent d'un REEE ne consiste pas seulement à demander un paiement à l'institution financière. L'ordre des retraits peut avoir un impact fiscal important.
💡 À retenir – Pour retirer l’argent du REEE efficacement :
- Les cotisations ne sont pas imposables
- Les PAE sont imposables (étudiant)
- Retirer les PAE en premier est souvent optimal
- Étaler les retraits réduit l’impôt à payer
Retirer les PAE en priorité
Dans plusieurs cas, il est avantageux de retirer les PAE au début des études.
Cette stratégie permet d'utiliser les subventions et les revenus de placement pendant que l'étudiant est faiblement imposé.
Si les PAE ne sont pas retirés pendant les études, ils pourraient être imposés plus lourdement sous forme de paiements de revenu accumulé (PRA).
💡 Bon à savoir : les PAE peuvent être versés jusqu’à six mois après la fin des études, à condition que l’étudiant ait été admissible juste avant la fin de son inscription.
Conserver les cotisations pour la fin
Les cotisations peuvent être retirées sans impôt et offrent donc une grande flexibilité. Les parents peuvent choisir de retirer ces montants plus tard, selon la situation financière de l'étudiant.
Étaler les retraits
Répartir les PAE sur plusieurs années permet d'utiliser pleinement les crédits fiscaux de l'étudiant.
Cette approche évite de concentrer un revenu imposable trop élevé dans une seule année.
Utiliser le CELI de l'étudiant
Si l’étudiant n’a pas besoin de tout l’argent pour ses études, il peut investir une partie des retraits dans son CELI ou son CELIAPP.
Cette stratégie permet de transformer une partie du REEE en épargne pour l’avenir ou en mise de fonds pour l’achat d’une première propriété.
💡 Bon à savoir : si l’enfant ne poursuit pas d’études, les subventions doivent être remboursées et les impacts fiscaux peuvent être significatifs. Consultez notre guide « REEE : que faire si votre enfant ne fait pas d'études postsecondaires ».
Voyons maintenant comment appliquer concrètement ces principes avec un exemple réaliste.
Exemple concret de décaissement d'un REEE
Situation de l'étudiant
Prenons l'exemple d'un REEE individuel de 86 000 $ au début des études (obtenu avec un rendement annuel moyen de 5 %). La composition du compte pourrait être la suivante :
- Cotisations : 36 000 $
- Subventions : 10 800 $
- Revenus de placement : 39 200 $
Les PAE totalisent donc 50 000 $. Ces montants représentent la portion imposable du REEE, entre les mains de l’étudiant.
L’étudiant travaille également à temps partiel et gagne 8 000 $ par année.
Stratégie de retrait sur 4 ans
Une stratégie simple et efficace consiste à répartir les PAE sur toute la durée des études, par exemple les 4 années d’un baccalauréat.
Total des PAE retirés : 50 000 $ (le retrait de la 1re année est inférieur afin de respecter la limite pendant les 13 premières semaines).
Cette approche permet de retirer l’argent du REEE efficacement pendant les études. De plus, elle permet d’utiliser les crédits fiscaux de l’étudiant chaque année, comme le montant personnel de base et le crédit pour frais de scolarité.
Les PAE pourraient être étalés davantage pour réduire encore l’imposition, par exemple en commençant les retraits dès l’entrée au Cégep.
De leur côté, les parents peuvent récupérer les cotisations de 36 000 $ sans payer d'impôt, au moment le plus opportun.
🚨 Attention : cet exemple est simplifié et ne tient pas compte de tous les crédits fiscaux possibles.
💡 Erreur fréquente : retirer trop de PAE trop rapidement. Certaines familles retirent une grande partie des PAE dès la première année. Résultat : le revenu imposable de l’étudiant augmente, ce qui peut entraîner un impôt inutile et réduire certains crédits fiscaux. Solution : étaler les retraits sur plusieurs années permet généralement de réduire l’impôt.
Piège du REEE familial et de l'IQEE
Dans un REEE familial, certaines stratégies peuvent avoir des conséquences inattendues sur les subventions.
Au Québec, l'IQEE est calculé selon les cotisations nettes annuelles.
Prenons l’exemple d’un couple avec deux enfants, dont un commence ses études postsecondaires. Si vous retirez 2 500 $ de cotisations pour votre enfant le plus âgé et que vous cotisez 2 500 $ pour votre enfant le plus jeune durant la même année, la cotisation nette est de zéro. Dans ce cas, aucune subvention provinciale ne sera versée.
💡 Bon à savoir : lorsque le plus vieux sera rendu à l’âge d’effectuer un retrait, une solution afin d'éviter ce problème est d’ouvrir un régime individuel pour le plus jeune et d’y verser les nouvelles cotisations.
Conclusion
Le REEE est un outil d'épargne extrêmement puissant pour financer les études postsecondaires de votre enfant. Cependant, retirer l'argent d’un REEE demande une certaine planification.
En comprenant la différence entre les cotisations et les paiements d'aide aux études, il est possible de réduire l'impôt et d'utiliser pleinement les subventions gouvernementales.
Une stratégie simple consiste à retirer les PAE au début des études. Les cotisations peuvent ensuite être conservées pour la fin. Cette approche permet de maximiser les avantages fiscaux du REEE et d'optimiser l'épargne disponible pour l'étudiant.
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FAQ – Retirer l'argent d'un REEE
Comment retirer l'argent d'un REEE?
Pour retirer l’argent d’un REEE, vous devez vous adresser à l'institution financière qui gère le compte. Une preuve d'inscription aux études est généralement requise.
Les retraits d'un REEE sont-ils imposables?
Les cotisations ne sont pas imposables. Les PAE, qui comprennent les subventions gouvernementales et les revenus de placement, sont imposables pour l'étudiant.
Peut-on payer le logement avec un REEE?
Oui. Les retraits peuvent servir à payer plusieurs dépenses liées aux études, dont le logement.
Combien peut-on retirer la première année?
Pendant les 13 premières semaines d'études, les PAE sont limités à environ 8 000 $ pour un étudiant à temps plein et 4 000 $ pour un étudiant à temps partiel.
Peut-on retirer un REEE avant le début des études ?
Oui. Les cotisations peuvent être retirées avant le début des études, mais les subventions gouvernementales doivent être remboursées. Les PAE et les revenus de placement ne peuvent pas être retirés avant que l’étudiant soit inscrit à un programme admissible.
Combien de temps peut-on garder un REEE ouvert?
Un REEE peut généralement rester ouvert jusqu’à 35 ans, ce qui permet de retarder les retraits si nécessaire.
Les parents peuvent-ils utiliser l’argent du REEE?
Les cotisations peuvent être récupérées par les parents, mais les PAE doivent être utilisés pour les études de l’étudiant.
