Le régime enregistré d'épargne-études (REEE) est un outil puissant pour financer les études de votre enfant. Il permet de cumuler des subventions gouvernementales et de profiter d’un rendement composé sur vos placements.
Pourtant, de nombreux parents découvrent trop tard certaines règles importantes. Des erreurs simples peuvent réduire les subventions ou compliquer la gestion du REEE.
Dans cet article, nous détaillons cinq erreurs fréquentes avec le REEE, puis trois stratégies avancées pour optimiser votre épargne-études.
📌 En résumé : 5 erreurs fréquentes avec le REEE
- Ne pas maximiser les subventions
- Croire que l'argent appartient uniquement à l'enfant
- Ignorer les règles de rattrapage
- Choisir un REEE collectif sans comprendre les règles
- Mal planifier les retraits du REEE
💡 Bon à savoir : Même de petites cotisations permettent de profiter des subventions gouvernementales. Aussi, placer vos cotisations dans des FNB ou fonds communs à faible RFG, plutôt que dans un compte d’épargne, pour maximiser le rendement à long terme.
Les 5 erreurs fréquentes avec le REEE
Erreur 1 - Ne pas maximiser les subventions
Le principal avantage du REEE provient des subventions gouvernementales.
Au Canada, la Subvention canadienne pour l'épargne-études (SCEE) ajoute 20 % des cotisations, jusqu’à 500 $ par année et 7 200 $ au total par enfant.
Au Québec, l’Incitatif québécois à l’épargne-études (IQEE) ajoute également une subvention de 10 %, jusqu’à 250 $ par année et 3 600 $ au total par enfant.
Dans les deux cas, des subventions supplémentaires sont aussi offertes aux familles à faibles revenus.
Cependant, plusieurs parents cotisent sans stratégie claire. Certains commencent tard, d’autres cotisent trop peu pour obtenir la subvention maximale annuelle.
Résultat : des subventions disponibles ne sont jamais réclamées.
💡 Exemple chiffré : Si vous cotisez 2 500 $ par année, la subvention fédérale ajoute 500 $ et la subvention provinciale ajoute 250 $. L’épargne totale devient 3 250 $ par année. Sur quinze ans, vous pouvez accumuler 10 800 $ de subventions, sans compter le rendement des placements.
📌 Pour plus de détails sur le fonctionnement du REEE, consultez notre article complet sur le REEE.
Erreur 2 - Croire que l'argent appartient uniquement à l'enfant
Beaucoup de parents pensent que tout l'argent placé dans un REEE appartient uniquement à l'enfant.
En réalité :
- Les cotisations appartiennent au souscripteur et peuvent être retirées sans impôt.
- Les subventions et les revenus appartiennent au bénéficiaire (l’enfant) et doivent être utilisés pour financer des études admissibles.
Cette distinction est cruciale. Elle permet aux parents d’avoir une flexibilité financière tout en profitant des avantages du REEE.
💡 Exemple chiffré : Si vous cotisez 2 500 $ par année jusqu’au plafond des subventions (36 000 $ de cotisations), vous récupérez cette somme sans impôt. Avec un rendement annuel moyen de 5 %, l’enfant aura environ 50 000 $, dont 10 800 $ de subventions et 40 000 $ de rendement.
🚨 Attention : cet exemple est simplifié à des fins pédagogiques.
Erreur 3 - Ignorer les règles de rattrapage
Certains parents pensent qu’il est trop tard pour profiter pleinement du REEE si les cotisations commencent tard.
Pourtant, le REEE permet un rattrapage des subventions non utilisées. Chaque année, il est possible de recevoir des subventions pour l’année courante et pour une année précédente, jusqu’à 1 000 $ de subventions par année pour la SCEE et 500 $ pour l’IQEE.
Ainsi, un parent qui commence à cotiser plus tard au REEE peut récupérer les subventions perdues, en partie ou en totalité selon le cas.
📌 Pour plus de détails sur cette stratégie, consultez notre article complet sur le rattrapage du REEE. Ce guide incluant aussi des exemples chiffrés de rattrapage.
Erreur 4 - Choisir un REEE collectif sans comprendre les règles
Certains parents ouvrent un REEE collectif sans bien comprendre son fonctionnement. Par exemple, Kaleido, Épargne CST et Embark.
Ces régimes regroupent l’épargne de plusieurs familles et imposent généralement un calendrier de cotisations précis.
Des pénalités peuvent s’appliquer si :
- Les cotisations cessent
- L’enfant ne poursuit pas d’études
Ces régimes peuvent convenir à certaines familles, mais ils comportent des contraintes importantes. Notamment, des frais de gestion plus élevés, ce qui peut réduire le rendement net.
💡 Bon à savoir : Avant d’adhérer, comparez les différentes options de REEE pour choisir celle qui correspond le mieux à votre situation. D’ailleurs, les types de REEE ont été abordés dans notre article complet sur le REEE.
Erreur 5 - Mal planifier les retraits du REEE
Lorsque l’enfant commence ses études, il est essentiel de comprendre les différents types de retraits :
- Cotisations : appartenant au souscripteur, non imposables.
- Paiements d’aide aux études (PAE) : incluent les subventions et les revenus, imposables dans les mains de l’étudiant.
Une mauvaise planification peut réduire l’efficacité fiscale du REEE. Une erreur fréquente de décaissement est de retirer les PAE le plus rapidement possible au lieu d’étirer les PAE sur plusieurs années pour réduire la facture fiscale, par exemple en ne dépassant pas le montant personnel de base (16 452 $ au fédéral et 18 952 $ au Québec en 2026).
💡 Bon à savoir : Le décaissement sera traité en détail dans un futur article.
Trois stratégies pour optimiser un REEE
Une fois les erreurs évitées, certaines stratégies permettent d’optimiser votre REEE.
Cotiser 2 500 $ de plus au départ
Les subventions sont calculées selon l’année civile (du 1er janvier au 31 décembre), pas en fonction de la date de naissance de l’enfant.
Ainsi, un enfant né en fin d’année permet deux cotisations rapprochées : une avant le 31 décembre et une autre dès janvier.
💡 Bon à savoir : Cette approche permet d’investir 2 500 $ supplémentaire plus tôt, augmentant légèrement le rendement composé à long terme.
Réutiliser des cotisations REEE pour un autre enfant
Dans certaines situations, les cotisations retirées peuvent être versées dans le REEE individuel d’un autre enfant.
Cela permet parfois de recevoir de nouvelles subventions, avec la même somme d’argent initiale, pour un autre enfant. Cette stratégie n’est possible qu’avec des REEE individuels, compte tenu du fait que les subventions de l’IQEE au Québec sont calculées en fonction des cotisations nettes des parents, soit les cotisations moins les retraits.
👉 Pour comprendre vos options selon votre réalité, le programme EN ROUTE propose un accompagnement pratique et structuré.
Cotiser rapidement pour maximiser le rendement
Certaines familles choisissent de cotiser rapidement afin de maximiser le temps investi sur les marchés.
Par exemple, investir 50 000 $ à la naissance permet d’obtenir les subventions initiales, mais plus aucune subvention ensuite. Avec un rendement conservateur de 5 %, les placements peuvent croître jusqu’à 130 000 $, dont 80 000 $ provient du placement initial.
Dans un article publié par La Presse, intitulé « Les médailles de bronze, d’argent et d’or du REEE » le journaliste Nicolas Bérubé décrit cette approche comme la stratégie « médaille d'or ».
🚨 Attention : Cette stratégie émet l’hypothèse que vous avez déjà épargné 50 000 $ et elle est avantageuse lorsque vos CELI et REER sont maximisé. De plus, la stratégie repose sur le rendement composé à long terme, qui n’est pas garantie, contrairement aux subventions fédérales et provinciales.
💡 Investir vos cotisations REEE. Les cotisations REEE peuvent être placées dans différents produits : comptes d’épargne, fonds communs ou FNB. Les FNB tout-en-un sont particulièrement intéressants, avec leur diversification automatique, un rééquilibrage régulier, un RFG plus faible que les fonds communs classiques et ainsi un potentiel de rendement supérieur à long terme. 📌 Source : Pour choisir un FNB adapté à vos objectifs financiers, consultez notre guide complet sur les FNB.
L'essentiel à retenir
Le REEE demeure un des outils les plus avantageux pour financer les études d’un enfant.
Comprendre les subventions, les cotisations et les retraits permet de tirer pleinement parti du régime.
💡 Bon à savoir : Un REEE qui n’est pas maximisé peut réduire l’endettement étudiant et augmenter la flexibilité financière de votre famille.
👉 Pour adopter la meilleure stratégie pour le REEE de votre enfant, selon votre réalité, la formation EN ROUTE propose un accompagnement pratique et structuré.
FAQ – Erreurs REEE
Peut-on cotiser plus de 2 500 $ par année dans un REEE ?
Oui. La limite de 2 500 $ concerne la subvention annuelle maximale. La limite totale est de 50 000 $ par enfant.
Les cotisations du REEE appartiennent-elles à l'enfant ?
Non. Elles appartiennent au(x) souscripteur(s) et peuvent être retirées sans impôt.
Que se passe-t-il si l'enfant ne poursuit pas d'études ?
Les cotisations peuvent être retirées. Les subventions doivent être remboursées, mais certaines stratégies permettent de réduire l’impact fiscal.
Les retraits du REEE sont-ils imposables ?
Les cotisations ne sont pas imposables. Les PAE sont imposables dans les mains de l’étudiant.
Peut-on investir les cotisations REEE dans des FNB ?
Oui. Les cotisations REEE peuvent être placées dans des FNB ou fonds communs. Les FNB tout-en-un offrent diversification et RFG plus faible, tout en maximisant le rendement à long terme.