Vous avez 30, 40 ou 50 ans et vous vous demandez combien vous devriez avoir épargné à votre âge? C’est une question fréquente, et pour cause. C’est facile de comparer son CELI, son REER ou ses placements à ceux des autres.
Pourtant, il n’existe pas de montant idéal unique pour tout le monde. Le vrai enjeu n’est pas seulement de savoir combien avoir épargné à 30 ans, à 40 ans ou à 50 ans, mais plutôt de vérifier si votre épargne vous place sur la bonne trajectoire.
Dans cet article, vous découvrirez quels indicateurs suivre, pourquoi ils ont leurs limites, et surtout quelles actions concrètes vous pouvez entreprendre pour améliorer votre situation.
La question que tout le monde se pose
À 30, 40 ou 50 ans, c’est normal de se demander si l’on est « en retard » sur son épargne. Après tout, c’est l’un des aspects des finances personnelles les plus faciles à comparer. Un collègue parle de son CELI. Une amie mentionne son REER. Un proche annonce qu’il vient de franchir les six chiffres en placements.
Et rapidement, la comparaison s’installe.
Pourtant, deux personnes du même âge peuvent avoir des parcours complètement différents. L’une a peut-être commencé à investir très tôt. L’autre a consacré plusieurs années à rembourser ses dettes, à élever ses enfants ou à acheter une première propriété.
Prenons 2 personnes de 40 ans. L’une détient 75 000 $ en placement. L’autre en possède 250 000 $. À première vue, on pourrait croire que la deuxième est forcément en meilleure posture.
Mais, ce n’est pas si simple. Le montant accumulé n’est qu’une photo prise à un moment précis. Pour bien comprendre la situation, il faut aussi tenir compte du rythme d’épargne, des revenus, des régimes de retraite, des avantages sociaux, des objectifs financiers et du patrimoine global.
Autrement dit, deux personnes du même âge peuvent afficher aujourd’hui des soldes très différents tout en étant toutes les deux sur la bonne voie.
La vraie question n’est donc pas : combien devriez-vous avoir épargné? C’est plutôt : êtes-vous sur la bonne trajectoire pour atteindre vos propres objectifs financiers?
Combien avoir épargné à 30, 40 et 50 ans : des repères utiles, mais imparfaits
Plusieurs institutions financières utilisent des repères basés sur un multiple du salaire annuel pour évaluer la progression de l’épargne-retraite.
Selon cette approche, vous devriez avoir accumulé environ une fois votre salaire annuel à 30 ans, 3 fois votre salaire à 40 ans et 6 fois ce montant à 50 ans.
Ces repères ont un mérite : ils sont simples. Ils permettent de se situer rapidement et d’amorcer une réflexion utile.
Mais ils ont une limite importante : ils ne racontent pas toute l’histoire.
Une personne qui bénéficie d’un régime de retraite à prestations déterminées n’aura pas besoin d’accumuler autant d’épargne personnelle qu’un travailleur autonome. De la même façon, quelqu’un qui prévoit prendre sa retraite à 67 ans n’a pas les mêmes besoins qu’une personne qui souhaite quitter plus tôt le marché du travail.
Ces repères ne tiennent pas compte du patrimoine déjà bâti. Une personne peut avoir moins de placements, mais une propriété presque payée. Une autre peut avoir plus d’épargne, mais très peu d’actifs en dehors de ses comptes de placements.
Et surtout, les chiffres ne racontent pas les événements d’une vie. Un retour aux études, un divorce, l’arrivée d’enfants, une maladie ou la perte d’emploi peuvent ralentir temporairement la capacité d’épargne sans compromettre les objectifs à long terme.
Ces repères d’épargne selon l’âge peuvent donc être utiles pour situer votre progression, mais ils ne devraient jamais être considérés comme un verdict sur votre situation financière.
Le véritable indicateur : votre trajectoire financière
Savoir combien vous épargnez aujourd’hui est utile. Mais ce chiffre, à lui seul, ne dit pas si vous êtes sur la bonne voie. Ce qui compte, c’est votre trajectoire.
Reprenons nos deux personnes de 40 ans. La première possède 75 000 $ en placements et épargne 1 000 $ par mois. La seconde détient 250 000 $, mais n’ajoute presque plus d’argent à ses placements. Malgré leurs situations très différentes aujourd’hui, leur avenir financier pourrait être plus proche qu’on ne le pense.
L’âge, le montant déjà accumulé, les cotisations futures et le rendement des placements influencent tous votre progression. C’est pourquoi il est plus utile d’évaluer la direction dans laquelle vous avancez que de vous comparer à un chiffre théorique associé à votre âge.
C’est justement là qu’un simple repère cesse d’être suffisant. Si vous voulez savoir où vous en êtes réellement, notre feuille de route financière peut vous aider à faire le point. Elle vous permet d’estimer votre progression en tenant compte de votre âge, de votre épargne actuelle et de vos cotisations futures. En quelques minutes, vous obtenez un portrait plus juste de votre trajectoire et des prochaines étapes à envisager.
Autrement dit, au lieu de vous demander si vous êtes « en retard », vous pouvez enfin répondre à une question beaucoup plus utile : suis-je sur la bonne voie?
Pourquoi les premiers 100 000 $ sont-ils difficiles à obtenir?
L’une des erreurs les plus fréquentes en finances personnelles est de croire que l’épargne progresse toujours au même rythme. En réalité, les premiers 100 000 $ sont souvent les plus difficiles à accumuler.
Au début, la croissance de votre portefeuille dépend presque entièrement de vos cotisations. Chaque mois, vous ajoutez de l’argent, mais les rendements demeurent modestes. C’est pourquoi plusieurs investisseurs ont l’impression de faire du surplace pendant les premières années.
Puis, graduellement, quelque chose change. Vos placements commencent à générer suffisamment de rendement pour contribuer eux aussi à la croissance de votre patrimoine. Votre argent commence alors à travailler pour vous.
Une personne qui investit régulièrement peut mettre plusieurs années à atteindre son premier 100 000 $. Mais une fois ce cap franchi, chaque tranche supplémentaire peut arriver plus rapidement, même si le montant investi mensuellement demeure le même.
C’est l’effet boule de neige, ou la magie des intérêts composés.
Plus votre patrimoine grandit, plus les rendements prennent de l’importance par rapport à vos cotisations. À long terme, la croissance de votre portefeuille provient de plus en plus des rendements composés.
C’est pourquoi la constance compte souvent plus que le montant « parfait ». Les résultats les plus impressionnants apparaissent rarement en quelques mois. Ils se construisent avec le temps. C’est aussi pour cette raison que le montant que vous avez aujourd’hui ne suffit pas, à lui seul, à déterminer combien vous devriez avoir épargné.
Que faire selon votre situation?
Les stratégies de placements ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Une personne qui débute son parcours financier n’a pas les mêmes priorités qu’une autre qui approche la retraite.
Vous êtes en phase de démarrage
À cette étape, l’objectif principal est de bâtir des bases solides et des habitudes durables.
Cela passe par la création d’un fonds d’urgence, le remboursement des dettes à taux d’intérêt élevé et l’automatisation de vos cotisations. Le montant investi est souvent moins important que l’habitude d’épargner régulièrement.
L’objectif n’est pas d’atteindre un chiffre précis le plus vite possible, mais de mettre en place un système qui vous permettra de progresser année après année.
Vous êtes en phase d’accumulation
Une fois les bases en place, l’attention se déplace vers la croissance du patrimoine.
Cette période est souvent marquée par une hausse des revenus, une meilleure capacité d’épargne et l’optimisation des différents comptes enregistrés, comme le CELI, le REER ou le CELIAPP.
C’est aussi à cette étape que les rendements composés deviennent plus visibles. La constance reste alors l’un des plus grands leviers de réussite. Voici d’ailleurs les habitudes des investisseurs qui réussisssent.
Vous êtes en phase de consolidation
Lorsque votre patrimoine prend de l’ampleur, les priorités changent.
L’objectif n’est plus seulement d’accumuler, mais aussi de protéger ce qui a été bâti. La répartition des placements, la gestion du risque et l’optimisation fiscale prennent alors plus de place dans la stratégie.
C’est aussi un bon moment pour revoir ses objectifs de retraite et vérifier si la trajectoire actuelle demeure réaliste.
Que faire si vous avez l’impression d’être en retard sur votre épargne?
Après avoir lu cet article, vous réaliserez peut-être que vous avez accumulé moins d’épargne que les repères souvent évoqués. Si c’est le cas, inutile de paniquer.
Les parcours financiers sont rarement linéaires. Un retour aux études, l’achat d’une propriété, l’arrivée d’enfants, une séparation, une maladie ou une perte d’emploi peuvent ralentir votre capacité d’épargne pendant un certain temps.
Mais un retard apparent ne veut pas dire que vos objectifs sont hors de portée. L’important n’est pas de rattraper les autres. L’important, c’est de reprendre le contrôle de votre trajectoire.
Voici par où commencer :
- Comparez-vous à un repère pour vous situer, pas pour vous juger.
- Vérifiez combien vous épargnez réellement chaque mois.
- Augmenter graduellement vos cotisations, même modestement.
- Automatiser votre épargne pour rendre votre progression plus constante.
- Utilisez pleinement les comptes enregistrés disponibles, comme le CELI, le REER ou le CELIAPP.
- Priorisez le remboursement des dettes à taux d’intérêt élevé.
- Cherchez une ou deux façons réalistes d’augmenter vos revenus.
En finances personnelles, les grands résultats viennent rarement d’un changement radical. Ils viennent surtout d’une série de bonnes décisions répétées dans le temps.
En résumé
À 30, 40 ou 50 ans, les repères d’épargne peuvent être utiles. Mais ils ne devraient jamais servir de verdict sur votre situation financière.
Le vrai repère à surveiller, c’est votre trajectoire.
Vous souhaitez savoir où vous vous situez vraiment et combien vous devriez avoir épargné selon votre âge? Essayez gratuitement notre feuille de route financière et découvrez les prochaines actions à privilégier selon votre situation.
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