Chaque année, les règles fiscales évoluent et plusieurs modifications passent inaperçues. Parmi celles-ci, certaines peuvent avoir un impact sur votre déclaration de revenus.
Pour l’année d’imposition 2025, plusieurs changements touchent directement les contribuables québécois. Le défi n’est pas de tout connaître, mais de reconnaître les mesures qui s’appliquent à vous.
Voici donc les principaux changements à surveiller pour produire votre déclaration 2025.
1. Baisse d’impôt fédéral
Le taux d’imposition fédéral applicable à la première tranche de revenus (jusqu’à 57 375 $) a été réduit de 15 % à 14 %. Toutefois, comme cette mesure est entrée en vigueur le 1er juillet 2025, le taux applicable pour l’année complète est de 14,5 %.
Concrètement, cela signifie que la baisse d’impôt sera partielle pour 2025. L’impact réel dépendra de votre revenu imposable et des retenues effectuées par votre employeur au cours de l’année.
Il faut aussi savoir que ce taux marginal s’applique à la plupart des crédits d’impôt fédéraux non remboursables. Une réduction du taux peut diminuer légèrement la valeur de certains crédits, comme le montant personnel de base ou les frais médicaux.
Il s’agit donc d’un allègement fiscal plus modeste que ce que l’annonce initiale pouvait laisser croire.
2. Indexation des paliers d’imposition
En 2025, les paliers d’imposition ont été indexés pour tenir compte de l’inflation. Cela signifie que les seuils des différentes tranches d’imposition ont été ajustés à la hausse.
Pourquoi est-ce important?
Sans indexation, une augmentation salariale liée au coût de la vie pourrait vous faire passer dans une tranche d’imposition plus élevée. Et ce, même si votre pouvoir d’achat, lui, n’a pas augmenté. C’est l’indexation qui permet d’éviter ce résultat.
Plusieurs montants ont aussi été ajustés, notamment le montant personnel de base, soit le revenu sur lequel vous ne payez pas d’impôt. Ce changement n’entraîne pas un remboursement spectaculaire, mais il contribue à limiter l’érosion fiscale causée par l’inflation.
Si votre revenu est resté stable, l’effet pourrait être presque imperceptible. Si vous avez reçu une augmentation, l’indexation pourrait en atténuer l’impact fiscal.
3. Nouvelle obligation de déclarer les biens étrangers au Québec
À compter de l’année d’imposition 2025, une nouvelle obligation s’ajoute pour les contribuables québécois qui détiennent des biens à l’étranger.
Si le coût total de vos biens étrangers désignés a dépassé 100 000 $, vous devez désormais produire un formulaire au provincial, en plus du formulaire fédéral déjà existant.
Cette obligation peut concerner :
- Des actions de sociétés étrangères détenues dans un compte non enregistré.
- Un immeuble situé à l’extérieur du Canada.
- Certaines participations dans des entités étrangères.
Il faut préciser que les titres détenus dans un REER ou un CELI ne sont pas visés par cette règle. Tout comme les FNB ou fonds communs canadiens qui investissent à l’étranger.
Pourquoi faut-il être vigilant?
Parce que les pénalités en cas d’omission peuvent être importantes. Une déclaration non produite peut entraîner des amendes quotidiennes et des pénalités additionnelles.
4. Crédit pour prolongation de carrière : changement majeur
Le crédit d’impôt pour prolongation de carrière a été modifié de façon importante pour l’année d’imposition 2025.
Jusqu’en 2024, les travailleurs âgés de 60 à 64 ans pouvaient en bénéficier. Désormais, seules les personnes de 65 ans et plus y ont droit.
Les paramètres du crédit ont également été ajustés. En 2025 :
- Le revenu de travail admissible doit dépasser 7 500 $.
- Le montant maximal de revenu admissible est fixé à 12 500 $.
- Le crédit est réduit progressivement lorsque le revenu net dépasse 56 500 $.
Concrètement, cela signifie que certains travailleurs de 65 ans et plus pourraient recevoir un crédit comparable ou légèrement inférieur à celui des années précédentes, selon leur revenu. En revanche, les 60 à 64 ans perdent complètement cet avantage fiscal.
Ce crédit est non remboursable. Il réduit l’impôt à payer, sans donner lieu à un remboursement si aucun impôt n’est dû.
5. Prestation canadienne pour personnes handicapées
Cette nouvelle prestation fédérale est entrée en vigueur en juin 2025. Elle s’adresse aux adultes âgés de 18 à 64 ans qui sont admissibles au crédit d’impôt pour personnes handicapées. Le montant peut atteindre 2 400 $ par année, selon le revenu familial.
La prestation est calculée en fonction du revenu familial net et diminue progressivement au-delà de certains seuils. Les premiers versements ont commencé en juillet 2025. Bonne nouvelle : si vous êtes admissible, mais que vous n’avez pas encore fait la demande, la prestation peut être versée rétroactivement. La rétroactivité peut couvrir une période maximale de 24 mois à compter de la réception de votre demande, sans toutefois remonter avant juin 2025.
Un point important : la prestation n’est pas versée automatiquement. Une demande doit être effectuée, et l’admissibilité au crédit d’impôt pour personnes handicapées doit être confirmée.
6. Crédit d’impôt pour maintien à domicile des aînés : taux majoré
Ce crédit s’adresse aux personnes âgées de 70 ans et plus au 31 décembre 2025. Il couvre notamment des dépenses comme :
- Les soins et l’aide à domicile
- L’entretien ménager
- Le déneigement
- Certains services de surveillance ou d’assistance.
En 2025, ce crédit d’impôt a été bonifié. Le taux de remboursement des dépenses admissibles est passé de 38 % à 39 %. Ça semble modeste, mais la hausse peut représenter jusqu’à 75 $ supplémentaire pour une personne seule autonome. Pour un couple non autonome, la somme pourrait être près de 200 $.
Il s’agit d’un crédit remboursable. Il peut donc donner lieu à un remboursement même si aucun impôt n’est dû.
Si vous soutenez financièrement un parent âgé ou si vous planifiez le maintien à domicile à moyen terme, ce crédit mérite votre attention.
7. Crédit CRCD réduit à 25 %
Le crédit d’impôt provincial associé au fonds fiscalisé Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD) a été réduit en 2025. Jusqu’au 28 février 2025, le crédit s’élevait à 30 %. Depuis le 1er mars 2025, il est passé à 25 %.
De nouvelles règles ont également été introduites :
- Un plafond cumulatif de cotisation à vie de 45 000 $ par actionnaire est désormais en place.
- Les actions de catégorie C ne peuvent plus être détenues au-delà de 14 ans.
Ces changements modifient légèrement l’équation fiscale pour les investisseurs qui utilisaient ce fonds principalement pour son avantage fiscal.
Avant d’y cotiser, il peut être pertinent de réévaluer le rendement net, après crédit et contraintes de détention. Vous pourrez alors évaluer s’il correspond toujours à votre stratégie globale.
8. Fin du crédit pour abonnements numériques
Le crédit d’impôt fédéral pour les abonnements aux nouvelles numériques n’a pas été renouvelé en 2025.
De 2020 à 2024, les contribuables pouvaient réclamer un crédit non remboursable équivalant à 15 % des frais admissibles. Ce crédit était plafonné à 75 $ par année. Cette mesure n’est plus disponible pour l’année d’imposition 2025.
En conclusion
Les règles fiscales évoluent chaque année. Certaines modifications sont mineures. D’autres peuvent influencer le montant que vous paierez ou récupérerez.
Avant de produire votre déclaration, prenez le temps de valider les changements qui vous concernent. Pour vous accompagner dans cette démarche, nous avons préparé un Guide d’impôt 2025, adapté aux réalités fiscales québécoises. Vous y trouverez les points essentiels à vérifier.
Consultez également le site de l’Agence du revenu du Canada (ARC) et de Revenu Québec. Vous pourrez ainsi identifier d’autres mesures fiscales qui s’appliquent à votre situation.
En matière d’impôt, être bien informé n’est pas un luxe, c’est un avantage!
FAQ
Quelle est la date limite pour produire sa déclaration de revenus 2025?
La majorité des particuliers doivent transmettre leur déclaration au plus tard le 30 avril 2026. Ils doivent également payer toute somme due, afin d’éviter l’ajout d’intérêt.
Les travailleurs autonomes ont jusqu’au 15 juin 2026 pour produire leur déclaration. Ils doivent toutefois payer le solde dû avant le 30 avril afin d’éviter les intérêts et les pénalités.
Quelle est la différence entre une déduction et un crédit d’impôt?
Une déduction fiscale réduit votre revenu imposable. L’économie dépend alors de votre taux marginal d’imposition. Par exemple, une cotisation REER diminue le revenu sur lequel l’impôt est calculé.
Un crédit d’impôt non remboursable réduit l’impôt à payer. Il ne donne pas droit à un remboursement si aucun impôt n’est dû.
Un crédit d’impôt remboursable, lui, peut générer un remboursement même si vous n’avez aucun impôt à payer.
Comprendre cette distinction permet de mieux évaluer l’impact réel d’une mesure fiscale.
Qui doit déclarer des biens étrangers en 2025?
Vous êtes visé si la valeur totale de vos biens étrangers désignés a atteint plus de 100 000 $ à un moment durant l’année. Dans ce cas, un formulaire doit être transmis au fédéral et, dorénavant, au Québec.
Cette obligation s’applique même si aucun impôt supplémentaire n’est dû. Les pénalités en cas d’omission peuvent être importantes.
Les titres détenus dans un REER ou un CELI ne sont pas visés.
Devrais-je faire ma déclaration moi-même?
Si votre situation est simple (un seul emploi, aucune situation particulière), un logiciel d’impôt peut suffire.
En revanche, dans certaines situations, il est avantageux de consulter un professionnel. Par exemple, si vous êtes travailleur autonome, propriétaire d’immeubles locatifs, investisseur ou si votre situation familiale est complexe. Vous réduirez ainsi le risque d’erreur et optimiserez votre déclaration.