Selon un récent sondage de la BMO, 74 % des Canadiens affirment que l’inflation accroît leurs inquiétudes face à leur retraite. Pire encore, 30 % ignorent combien de temps leur épargne durera. Dans ce contexte, la période des REER ne devrait pas être une simple course au remboursement. Elle devrait être un moment stratégique pour mieux planifier votre retraite. Voici donc les réponses à cinq questions importantes à se poser avant le 2 mars.
1. Combien devrais-je cotiser à mon REER?
La question n’est pas de savoir combien vous pouvez verser. C’est plutôt de déterminer quelle somme il est judicieux de déduire cette année.
Une cotisation REER réduit votre revenu imposable. Plus votre revenu est élevé, plus la déduction peut être profitable. Mais cet avantage dépend de votre taux effectif marginal d’imposition (TEMI), soit le pourcentage d’impôt payé sur votre prochain dollar gagné.
C’est pourquoi deux personnes qui versent 10 000 $ dans leur REER n’obtiennent pas le même résultat si l’une gagne 55 000 $ par année et l’autre 110 000 $. Plus votre revenu est élevé, plus la déduction est intéressante.
Si votre revenu est plus modeste, le CELI peut parfois être plus pertinent. Vous pouvez aussi cotiser maintenant et reporter la déduction à une année où votre revenu sera plus élevé. L’important est de simuler différents scénarios à partir de votre avis de cotisation et de votre situation familiale.
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Comprendre son TEMI et l’impact réel d’une cotisation sur votre situation familiale change complètement la perspective. C’est d’ailleurs un des éléments clés abordés de notre programme EN ROUTE. Vous y apprenez à bâtir une stratégie d’investissement adaptée à votre réalité.
2. Puis-je récupérer plus d’impôt que j’en ai payé en cotisant à mon REER?
Non. Le REER est une déduction, pas un bonus. Il réduit votre revenu imposable, mais vous ne pouvez pas récupérer plus d’impôt que vous en avez réellement payé. Une partie de votre revenu est déjà peu ou pas imposée, notamment grâce au montant personnel de base et aux premiers paliers d’imposition. Lorsque votre revenu diminue, l’économie marginale devient progressivement plus faible.
Si vous gagnez 50 000 $ et cotisez 50 000 $, votre revenu imposable est de 0 $. Mais vous ne recevrez pas 50 000 $ en remboursement. Vous récupérez seulement l’impôt payé sur ce revenu.
C’est pourquoi il peut être avantageux d’étaler une grosse cotisation sur deux années plutôt que de tout déduire d’un coup. Vous pouvez également cotiser maintenant et reporter une partie de la déduction. Cette flexibilité, souvent méconnue, permet de faire croître son argent plus vite. C’est souvent plus optimal que de tout déduire d’un coup.
La déduction REER peut aussi :
- Augmenter certaines allocations familiales.
- Influencer les crédits basés sur le revenu net familial.
- Modifier certaines prestations.
Ce n’est donc pas seulement une question de remboursement d’impôt, mais de stratégie.
Voici un exemple hypothétique :
Vous gagnez 50 000 $ cette année et versez 50 000 $ dans votre REER. Votre revenu imposable est de 0 $. Votre remboursement d’impôt pourrait être d’environ 12 624 $.
Maintenant, disons que vous cotisez 25 000 $ cette année et 25 000 $ l’an prochain, avec le même revenu brut chaque année. Vous pourriez alors recevoir deux remboursements de 9 019 $, pour un total de 18 039 $.
Résultat : pour le même 50 000 $ investi, vous obtenez environ 5 400 $ de plus en remboursements d’impôt sur deux ans.
Cet exemple montre pourquoi il peut être avantageux de répartir une grosse cotisation sur plusieurs années.
3. Que se passe-t-il si je dépasse mon maximum de cotisation REER?
Un dépassement REER n’est pas rare, surtout si vous avez changé d’emploi ou si vous participez à un régime collectif. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des mécanismes pour corriger la situation.
Tout d’abord, une petite marge est permise. Vous avez droit à un excédent cumulatif de 2 000 $ sans pénalité (à vie). Cependant, ce montant ne donne pas droit à une déduction fiscale.
Au-delà de 2 000 $, une pénalité de 1 % par mois s’applique. Et elle continue tant que la situation n’est pas corrigée.
Que faire concrètement?
La première étape consiste à vérifier votre avis de cotisation le plus récent dans Mon dossier de l’ARC. Il faut ensuite cesser les cotisations en cours et retirer l’excédent rapidement. Dans certains cas, il est possible de demander l’annulation de l’impôt retenu sur le retrait (formulaire RC2503). Si une pénalité s’applique, produisez le formulaire T1-OVP pour la déclarer.
Un dépassement REER n’est pas une catastrophe, mais il ne faut pas l’ignorer. Plus vous agissez rapidement, moins les conséquences sont graves.
4. Les cotisations de mon employeur affectent-elles mon maximum REER?
Oui. Si vous participez à un régime de retraite au travail, un facteur d’équivalence apparaît sur votre T4, à la case 52. Ce montant représente la valeur des cotisations effectuées dans votre régime collectif et vient réduire l’espace REER accumulé pour l’année suivante. Vos nouveaux droits représentent 18 % de votre revenu gagné, moins ce facteur d’équivalence.
C’est pourquoi deux personnes ayant le même salaire peuvent avoir des espaces REER différents. Plusieurs dépassements surviennent parce que l’on oublie cet ajustement. Il est essentiel de se fier à l’avis de cotisation plutôt qu’à un simple calcul rapide basé sur le salaire annuel.
5. Pourquoi la date limite des REER n’est-elle pas le 31 décembre comme celle du CELI?
Les droits REER sont calculés selon le revenu gagné l’année précédente. Au 31 décembre, votre revenu final et vos ajustements ne sont pas encore confirmés.
Les cotisations versées pendant les 60 premiers jours de l’année civile peuvent être déduites l’année précédente. C’est pourquoi cette année, vous avez jusqu’au 2 mars pour réduire votre impôt de 2025.
Cette période permet de réduire votre revenu imposable, potentiellement, d’obtenir un remboursement d’impôt. Elle vous permet aussi d’augmenter certains crédits et prestations basés sur votre revenu net.
Par exemple, l’allocation canadienne pour enfants et le crédit pour solidarité (au Québec) augmentent quand le revenu familial net diminue. Des crédits comme celui pour les frais médicaux deviennent aussi plus intéressants si 3 % de votre revenu net représente un montant plus bas.
Réduire votre revenu net en cotisant à votre REER permet de payer moins d’impôt. Cela vous permet aussi d’augmenter certains crédits et prestations basés sur le revenu familial.
Les REER sont un outil fantastique. Mais ils le deviennent vraiment efficaces lorsqu’on les utilise stratégiquement. Dans un contexte où 74 % des Canadiens craignent pour leur retraite, comprendre ces mécanismes peut faire une réelle différence à long terme.
En conclusion
Le REER n’est pas une simple case à cocher avant une échéance fiscale. C’est un outil puissant, lorsqu’il est utilisé stratégiquement. L’incertitude financière inquiète une majorité de Canadiens. Dans ce contexte, comprendre ces mécanismes permet de reprendre le contrôle.
Derrière ces décisions techniques se cache toujours une trajectoire. Le parcours de Jimmy montre que des choix stratégiques peuvent mener de l’endettement à une réelle liberté financière.
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